L’estampage 

Le motif est obtenu à l’aide d’une estampe sur laquelle est réalisé un dessin en relief, qui, lorsqu’elle est pressée sur le pavé de brique crue laisse une empreinte en creux. 

Nous avons peu d’exemple à notre connaissance pour bien connaître la réalisation des estampes. 

Quelle matière était utilisée ? 

- Le bois 

L’existence d’une matrice en bois, conservée au British Museum donne à penser que le bois était la matière la plus utilisée. Bien qu’il puisse subir des rétractions du fait de l’humidité de l’argile, il semble que le bois permettait quand même de conserver sur un laps de temps assez long une même matrice, et de reproduire un grand nombre d’estampes sans aucun phénomène d’usure. 

Le seul problème pouvant apparaître était la fissuration du bois, élément qui a pu être constaté sur des carreaux de Flandres et d’Artois. Cette fissuration peut apparaître si le bois utilisé est un bois tendre, ou si l’estampe n’est pas conservée au sec après utilisation. 

La réalisation d’une matrice en bois demande beaucoup de temps (15 heures d’après Saint-Dizier, l’estampe étant réalisée par un sculpteur sur bois, 50 heures selon M. Dufour, qui les réalise lui-même, ce qui n’est pas sa spécialité). 

On peut se demander alors qui réalisait les matrices ? Le tuilier en avait-il le temps ? Un pavement peut comporter entre 10 et 60 dessins différents. On peut aussi penser que les estampes et conception de pavement étaient réalisée en hiver, la période creuse, et les objets fabriqués l’été. 

- La pierre 
Une matrice en pierre a été retrouvée dans l'église de Neuwiller-les-Savernes. C'est le seul exemple que l'on connaisse. Ce type de matrice ne pose évidemment aucun problème de conservation. Si elles avaient été fréquentes, peut-être en aurions nous d'autres modèles conservés. 

D’autres matières que le bois ont pu être utilisées pour la réalisation des estampes comme l’argile, le plâtre ou même la cire mais aucun exemple ne nous est parvenu. L’expérimentation montre que la cire permet d’obtenir facilement une estampe qui s’imprime parfaitement dans l’argile. Mais ces matrices ne permettaient peut-être pas de nombreuses réutilisations. De même n’avaient-elles pas la une durée de vie aussi longue qu’une matrice en bois. 

 

La paraison

Lorsque la matrice est appliquée par une simple pression au poing, on procède à la paraison, c’est à dire au découpage des côtés en suivant les bords de la matrice. Ce découpage est réalisé avec un couteau (des traces sont parfois visibles sur les côtés des carreaux). 

Cette découpe est généralement biseautée de manière à pouvoir ajuster les pavés bords à bords lors de la pose, sans laisser de joints. Les différences d’inclinaison observées sur les carreaux eux-mêmes sont certainement dues à la façon de pratiquer la découpe. On observe souvent sur un même carreau des angles différents. C’est une technique très aléatoire qui dépend de chaque ouvrier. 
 
Il existe aussi de nombreux carreaux qui ne présentent pas ce biseau. 

 

Les Carreaux de pavement du Moyen Age